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Maladies cardiovasculaires : le mouvement comme remède ?

MALADIES CARDIOVASCULAIRES : LE MOUVEMENT COMME REMEDE ?

Chers lecteurs, 

Nouvelle année, nouvelles résolutions ! Profitons de cette période pour encourager le sport santé et vous aiguiller selon les différentes problématiques spécifiques à la biologie et à la progression de l’humanité. Les pathologies ont toujours existé, mais la technologie assistante décourage le corps d’exploiter ce qui le maintient en santé, à savoir le mouvement. 

Après plus d’un an de publication d’articles, nous nous laissons inspirer par les chiffres alarmants publiés par le ministère de la Santé en 2022, attirant notre attention sur les maladies cardiovasculaires. Selon l’OMS (Organisation mondiale de la Santé), les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de décès dans le monde. Sur le site du ministère, elles sont déclarées comme la deuxième cause de mortalité en France, après les cancers, responsables de 140 000 morts chaque année, et la première cause de mortalité parmi les personnes âgées de 85 ans et plus. 

Les pathologies cardiaques sont aussi une cause majeure de maladies et de décès précoces, d’hospitalisations et de handicaps acquis. Jusqu’à 50 000 personnes font un arrêt cardiaque soudain chaque année, dont environ 5 % survivent. 

En 2022, 5,6 millions de personnes étaient traitées pour une maladie cardio-neurovasculaire, dont plus de 430 000 pour une maladie aiguë. 

Définition de la maladie cardiovasculaire 

La maladie cardiovasculaire désigne l’ensemble des pathologies qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins (artères, veines, capillaires). Elles résultent souvent d’un durcissement ou d’un blocage des vaisseaux, ou d’un mauvais fonctionnement du cœur. 

Parmi ces maladies, on retrouve : 

  • La maladie coronarienne, qui touche les artères coronaires chargées d’apporter le sang oxygéné au cœur. Sa cause principale est l’athérosclérose (dépôt de plaques de cholestérol). Cette obstruction progressive réduit l’apport en oxygène au muscle cardiaque, ce qui peut créer des douleurs au niveau du thorax, appelées angine de poitrine. Dans des cas plus graves, la maladie coronarienne provoque des infarctus du myocarde, soit l’obstruction brutale d’une artère conduisant à la destruction d’une partie du muscle cardiaque. 
     
  • Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont de deux types : ischémiques (obstruction d’une artère cérébrale) ou hémorragiques (rupture d’un vaisseau cérébral). Les AVC peuvent provoquer des paralysies, des pertes de mémoire, de parole, voire le décès. 
     
  • L’hypertension artérielle (HTA) est plus silencieuse, avec peu de symptômes. Elle correspond à une élévation chronique de la pression du sang dans les artères. Cette maladie endommage progressivement le cœur, les reins et le cerveau, pouvant conduire à des AVC, des infarctus ou des insuffisances cardiaques. 
     
  • L’insuffisance cardiaque est une autre maladie figurant sur la liste. Le cœur n’arrive plus à pomper suffisamment de sang pour répondre aux besoins de l’organisme. Elle peut être aiguë ou chronique et cause des essoufflements, de la fatigue, des œdèmes au niveau des jambes et une prise de poids rapide. 
     
  • Les troubles du rythme cardiaque (arythmie) se manifestent par des anomalies de la fréquence ou de la régularité des battements du cœur. On observe la tachycardie (trop rapide), la bradycardie (trop lente) ou la fibrillation auriculaire (rythme irrégulier favorisant les caillots). 
     
  • Les maladies des artères périphériques correspondent à un rétrécissement des artères des membres, surtout du bas du corps. 
     
  • Les maladies des valves cardiaques se divisent en sténose (la valve est trop serrée) ou en insuffisance valvulaire (une valve qui fuit). Elles entraînent de la fatigue, de l’essoufflement et des palpitations. 
     

Selon l’OMS, la majorité des maladies cardiovasculaires est attribuable à des facteurs de risque modifiables. Une grande méta-analyse récente montre que plus de 99 % des cas d’événements cardiovasculaires (infarctus, AVC, insuffisance cardiaque) sont liés à au moins un facteur de risque modifiable non optimal, parmi les quatre principaux définis par l’American Heart Association (hypertension, cholestérol anormal, glycémie élevée, tabagisme). 

L’hypertension artérielle est classée comme le facteur individuel de risque le plus important dans de nombreuses régions, par exemple en Europe, où elle cause 24 % des décès cardiovasculaires. La pression excessive et permanente du sang sur la paroi des artères provoque des micro-lésions de l’endothélium (à rôle anticoagulant), la rigidification des artères et l’accélération de l’athérosclérose (formation de plaques de cholestérol dans les artères). À long terme, le sang circule moins bien, le cœur est moins oxygéné et le sang coagule plus facilement, augmentant les risques de caillots et donc d’infarctus du myocarde. 

Les causes principales de l’HTA sont évitables et contrôlables. Parmi elles, on peut citer : 

  • l’excès de sel, qui élève la pression dans les artères et accroît le volume sanguin ; 
     
  • le tabagisme, qui endommage directement l’endothélium, favorise les spasmes dans les artères, diminue l’oxygénation du sang et augmente la coagulation (caillots) ; 
     
  • le cholestérol, à l’origine des plaques d’athérome rétrécissant les artères ; 
     
  • le diabète, qui accélère tous les effets cités précédemment. 
     

Étant liés au comportement, ces facteurs ont aussi la particularité d’être remédiables. Ils peuvent s’améliorer, voire s’annuler, grâce à une amélioration de l’hygiène de vie. En effet, en dehors de l’aspect génétique touchant une minorité de cas, les causes principales sont : 

  • La sédentarité, qui diminue la capacité des vaisseaux à se dilater et augmente la résistance périphérique (capacité du sang à circuler dans les vaisseaux des organes), poussant ainsi le cœur à fournir un effort qui dépasse sa fonctionnalité. 
     
  • L’alimentation moderne (industrielle, préparée), composée d’additifs, d’émulsifiants, de conservateurs et de graisses saturées. Comme vu dans notre article sur le système immunitaire, elle est à l’origine d’inflammations de bas grade fragilisant les vaisseaux. De plus, sa consommation apporte un excès calorique favorisant le surpoids et l’obésité. L’augmentation du poids corporel impose au cœur d’irriguer un volume sanguin plus important, rendant son travail plus difficile, d’autant plus que les tissus adipeux libèrent des substances réduisant la capacité des vaisseaux à se dilater. 
     

Ces facteurs dépendent de l’hygiène de vie et des comportements, ce qui guide les politiques de santé publique à investir dans la prévention : politiques contre le tabagisme (augmentation des taxes), stratégies nutritionnelles (diminution du sel dans les produits industriels) et promotion de l’activité physique (pistes cyclables, programmes « Sport-Santé »). 

Pourquoi le cœur aime le sport ? 

Les entraînements aérobiques (utilisant l’oxygène comme source d’énergie) musclent le cœur, lui permettant d’envoyer plus de sang à chaque battement. Il peut ainsi battre moins vite, économiser son énergie et surtout passer rapidement d’un débit maximal à un débit normal. 

L’exercice physique pousse les vaisseaux à se dilater et à se contracter pour oxygéner les muscles, les rendant plus souples et facilitant la circulation sanguine. Le cœur et les organes sont alors mieux alimentés en oxygène et en nutriments. Le trajet du sang devient plus fluide, la pression artérielle diminue et l’endothélium est préservé. 

Le sport améliore le métabolisme lipidique en augmentant le HDL, aussi appelé « bon cholestérol ». Lors des efforts prolongés, les muscles augmentent leur consommation de graisses ; le cholestérol, servant d’emballage à ces graisses, est alors moins utilisé. En réponse, le foie augmente la production de HDL afin d’éviter l’excès de cholestérol dans le sang et les parois des artères. Le cholestérol récupéré est transporté vers le foie, transformé puis éliminé, prévenant ainsi les dépôts artériels. 

Dans notre précédent article consacré à la santé mentale, nous avons vu que le stress quotidien libère du cortisol et de l’adrénaline. Ces hormones accélèrent les battements du cœur, resserrent les vaisseaux et augmentent la pression artérielle. Même au repos, le cœur est alors davantage sollicité et s’épuise. L’activité physique active le système nerveux parasympathique, dit « calme », en diminuant le cortisol, en régulant l’adrénaline et en sécrétant des endorphines. Le cœur se calme et bat moins vite tout en fournissant le même travail. 

Comme tout bon défibrillateur, le mode d’emploi est indispensable 

Le fléau de la sédentarité est devenu une évidence tant il a été abordé sous tous les angles dans les articles précédents. Toutefois, l’excès de performance sportive peut porter atteinte à la santé du cœur. 

Les sports d’aérobie tels que la marche, la course à allure modérée, le vélo ou la natation sont de précieux alliés. 

Comme vu précédemment, l’activation musculaire joue un rôle clé dans le métabolisme lipidique et la santé des artères ; ainsi, le renforcement musculaire au poids du corps ou avec des charges légères entre pleinement dans les recommandations. Pour compléter la programmation, le yoga, le stretching ou la marche en nature sont à privilégier pour leurs effets anti-stress. 

Le cœur aime la régularité et la durée. Pour une amélioration durable, le corps a besoin d’un effort progressif, lui laissant le temps de renforcer harmonieusement ses fibres cardiaques et de permettre aux vaisseaux de s’adapter. L’endurance constitue une étape incontournable. Respirer consciemment — en particulier en allongeant l’expiration — stimule le nerf vague, principal nerf du système parasympathique. Plus celui-ci est activé, plus le calme s’installe. Par la répétition, le cerveau apprend que l’effort physique n’est pas une menace, renforçant ainsi le tonus parasympathique de base. Chez une personne entraînée, les cavités du cœur (notamment le ventricule gauche) peuvent contenir davantage de sang, augmentant le volume d’éjection systolique. Autrement dit, le cœur pompe le même volume sanguin qu’une personne sédentaire, mais avec moins de battements. 

À l’inverse, les sports explosifs — comme les sprints, le crossfit ou les disciplines à sensations extrêmes — provoquent des accélérations brutales, fatigant le cœur s’il n’est pas préparé. Ces intensités élevées doivent être envisagées comme des compléments de performance, réservés aux personnes disposant d’une base solide d’endurance. Leur objectif est d’améliorer temporairement certaines qualités physiques (vitesse, force), et non de constituer une pratique permanente. Bien que bénéfiques ponctuellement pour le métabolisme, leurs effets cardiovasculaires sont moins durables que ceux de l’endurance. 

Ces fortes contraintes ne sont bénéfiques que si les conditions suivantes sont réunies : 

  • être en bonne santé cardiaque ; 
     
  • réaliser un échauffement adapté ; 
     
  • être bien reposé (sommeil suffisant, faible niveau de stress) ; 
     
  • respecter la progressivité ; 
     
  • prévoir une récupération longue pendant et après la séance (au moins 48 h) ; 
     
  • maîtriser les techniques de respiration. 
     

La fragilité du cœur ne dépend pas uniquement des histoires amoureuses. Sa santé reflète aussi le rapport à soi, visible dans l’hygiène de vie. La modernité s’est imposée comme un symbole de progrès, mais ses excès ont conduit à des dérives, notamment l’émergence de nouvelles maladies. Toute avancée nécessite un accompagnement pour préserver un développement équilibré. La science du mode de vie est l’une des clés du bien-être et de la longévité : elle repose sur le mouvement, la programmation des efforts, le sommeil et l’alimentation. 

Hajare HARIR
Diplômée en sociologie appliquée – Université de Paris Descartes ;
Coach sportive spécialisée boxe et pilâtes.

CNAM -Rapport et propositions charges et produits de l’assurance maladie pour 2025 

https://www.frequencemedicale.com/neurologie/patient/298064-99-des-maladies-cardiovasculaires-liees-a-des-facteurs-de-risque-traitables 

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